Clémentine Lucien


LES MISES EN SCENE DU CORPS DE ANA MENDIETA (1948-1985)


Ana Mendieta naquit à La Havane en 1948, puis fut envoyée aux Etats-Unis à l’âge de douze ans par sa famille dans le cadre de l’Opération Peter Pan. Elle s’orienta vers l’étude des arts plastiques à l’université d’Iwoa et réalisa en 1972 ses premières performances dont certaines se nourrissent des thèmes de la Santería, dans une Amérique en proie à la subversion féministe, aux revendications multiculturalistes, de plus en plus hostile à la Guerre du Vietnam et où se développait un art anti-muséal et conceptuel. Décentrée, elle a utilisé son corps comme sujet et objet artistique, dans une quête incessante de ses origines. Les siluetas, empreintes de son corps réalisées dans les ruines zapotèques de Yagul dans la Vallée d’Oaxaca, ont été une étape féconde de sa quête identitaire. Elles ont précédé les sculptures rupestres de la grotte de las Escaleras de Jaruco, près de La Havane, de 1981. En 1980, profitant de l’autorisation de retour à Cuba accordée à des artistes exilés, elle noua des relations fructueuses avec de jeunes artistes tels Juan Elso intéressés comme elle part un art ritualisé. Elle se tourna vers les rites des divinités taïnos de son île pour réaliser les sculptures de son panthéon féminin et poursuivre une démarche proprement ontologique.



Luis Pérez


No tengas miedo, Lulú: La poética y la poesía gráfica de Pedro Juan Gutiérrez

 No tengas miedo Lulú:  poétique et poésie graphique de Pedro Juan Gutiérrez


Conocido como el exponente mayor del 'realismo sucio' cubano, Pedro Juan Gutiérrez es también pintor y poeta.  Esta conferencia explorará la poética y la poesía gráfica de Gutiérrez y tratará de relacionarlas a su producción literaria.


Reconnu comme l'exposant principal du 'réalisme sale' cubain, Pedro Juan Gutiérrez est aussi peintre et poète.  Cette conférence explorera la poétique et la poésie graphique de Gutiérrez, et essaiera de les mettre en rapport avec sa production littéraire.




Nelly Le Naour


« De l'écriture de la ville à la création d'un espace identitaire dans Tres tristes tigres et La Habana para un Infante difunto de Guillermo Cabrera Infante »


La Havane de Cabrera Infante se résume à certains quartiers (El Vedado, Centro Habana et La Habana Vieja) et à certains lieux (les bars, les cabarets, les cinémas, les théâtres). L’accumulation de références topographiques précises inscrit la diégèse dans une réalité concrète mais fait de la ville un espace fragmenté où seuls le divertissement et les sorties nocturnes ont lieu d’être. En dressant le portrait d’une partie de la société havanaise des années 40 et 50, l’écrivain construit également une certaine identité havanaise qui ne saurait en aucun cas être représentative de toute l’Ile ni de toute la capitale. La Havane de Cabrera Infante est une ville-spectacle qu’un observateur amusé contemple. Tantôt théâtre, tantôt décor de cinéma, tantôt tableau, le paysage urbain perd de sa réalité en se dématérialisant peu à peu, à l’image des souvenirs que l’auteur conserve et qui constituent la matière première de son écriture. Car La Havane est écrite depuis l’exil grâce à un processus d’anamnèse qui permet à l’auteur narrateur de construire une identité non plus collective mais individuelle. Il s’agit pour lui de parler de la Havane de son enfance et de son adolescence et de décrire un espace émotionnel et affectif. La ville, ainsi reconstruite à travers le prisme déformant du souvenir, devient, d’une part, un territoire identitaire et, d’autre part, un territoire du passé à nouveau possédé.