HAH – Séminaire du 12 février 2005 –

Paul Estrade

« Les intérêts français à Cuba à la fin du XIX° siècle »

Les points suivants seront abordés :

Intro. Dans la guerre de Cuba de 1895-98 la France est restée neutre durant les deux phases du conflit. Pourquoi ? N’avait-elle pas d’intérêts à défendre ou à chercher à acquérir ? Quels étaient les intérêts réels de la France à Cuba à ce moment-là : politiques, stratégiques, culturels, économiques ?
Cette recherche globale n’a pas été faite. Etat des travaux existant et des archives à dépouiller. Cet exposé se limite donc à un premier essai d’évaluation des caractéristiques majeures des intérêts français à Cuba.

I – La présence française à Cuba au XIX° siècle.
- 1°/ Physique – Les diverses immigrations. Approches historique et géographique ; évolution démographique.
- 2°/ Culturelle – Institutions, langue, arts, sciences.
- 3°/ Cubanisation des Français et francisation des Cubains : il y a une portion de cette mixture dans l’ajiaco.

II – Les intérêts français à Cuba au XIX° siècle.
- 1°/ Sucreries
- 2°/ Caféières
- 3°/ Autres secteurs industriels
- 4°/ Commerce (gros et détail), artisanat

III – Les échanges commerciaux bi-latéraux.
- 1°/ De Cuba vers la France.
- 2°/ De la France vers Cuba. Identification des entreprises exportatrices françaises.

IV – Les images contrastées de la France dans l’opinion cubaine.

V – La place de Cuba dans la vision géopolitique des sphères dirigeantes de la 3ème République. Une position floue déterminée par l’intéraction de facteurs contradictoires, tels que (dans le désordre) : - pression des 2000 Français de Cuba - rapports des consuls - francophilie d’une partie des élites créoles - nécessité de sauvegarder les possessions françaises des Antilles - nécessité de conserver une présence à proximité du canal interocéanique en cours de percement - volonté de freiner l’expansion de la zone d’influence des Etats-Unis - volonté de ménager l’allié espagnol malgré sa nature monarchiste et cléricale - prise en compte des idéaux républicains des chefs mambis de Cuba Libre - prise en compte du mouvement de solidarité s’exprimant en France envers la lutte libératrice des Cubains - ampleur et risques du capital français investi en Espagne (mines, chemin de fer, banque) - nouvelles orientations prioritaires du capital français vers l’étranger (Russie, Afrique).

VI – En guise de conclusions provisoires :
- 1°/ Les intérêts économiques français en 1895 à Cuba comparés à ceux d’autres grandes puissances ;
- 2°/ comparés aux intérêts français à Porto Rico et en République Dominicaine.
- 3°/ Après 1898 et 1902, quid ?